
Stéphane Genêt : (Tasquienhistoire)
"Si tu veux, tu peux...
Mais il faut défoncer des portes."
Stéphane Genêt est le créateur et animateur du podcast Tasquienhistoire depuis bientôt 3 ans. Avec environ 160 000 écoutes par mois, ce professeur d’histoire-géographie essaie de rendre l’histoire accessible à tous.
Comment est venue votre passion pour l’histoire ?
Cette passion remonte à l’enfance. Je pense qu’elle vient des histoires que mon père me racontait à propos de l’histoire. Je vivais dans une région avec beaucoup de châteaux. Ça a développé ma curiosité historique.
J’ai aussi rapidement apprécié le dessin animé « il était une fois l’homme » ou aussi des livres que j’ai pu emprunter à la bibliothèque.
Dans quel contexte avez-vous lancé ce podcast ?
L’idée du podcast est venue pendant le confinement. Ne pouvant pas faire de cours classique, face à des élèves, je faisais des classes virtuelles et je parlais tout seul devant mon ordinateur. Je trouvais ça dommage qu’il n’y ait que mes élèves qui profitent des cours. Je me suis dit que ça pourrait intéresser d’autres personnes. J’ai donc eu l’idée d’enregistrer ma voix sur certains cours et de publier ces enregistrements sur Internet. J’ai ensuite amené le projet de podcast.
Pourquoi avoir choisi ce format ?
J’aime bien le média audio. Je consomme régulièrement des podcasts dans ma voiture. C’est un média que je connaissais déjà.
Ensuite, pour les vidéos YouTube, il y a déjà des gens qui font ça très bien comme Nota Bene. Il me manquait aussi les compétences techniques. L’enregistrement et la gestion de l’audio sont beaucoup plus dans mes cordes.
Pourriez-vous vivre de votre podcast ?
Économiquement, c’est assez compliqué de vivre du podcast. On peut vivre de YouTube ou même de TikTok, mais le podcast est un marché de passionnés pour l’instant. Il y a très peu de gens qui en vivent. Je n’ai pas cette ambition là car j’apprécie énormément mon métier de professeur.
Quel est le public visé ?
A la base, je ciblais plutôt des élèves du collège ou du lycée. Avec quand même dans un coin de la tête, l’idée que ça pourrait intéresser les professeurs pour se former.
Je me suis rendu compte que ça intéressait plus de monde. Par exemple, j’ai vu que le podcast était écouté par des étudiants en histoire ou encore des parents qui veulent aider leurs enfants. Finalement, ça intéresse toutes les personnes qui aiment l’histoire et qui souhaitent rafraîchir leurs connaissances à ce sujet.
Comment choisissez-vous vos sujets ?
Le programme scolaire est le cœur du podcast. Je me suis fixé comme objectif d’être utile aux élèves et à leurs professeurs.
Je ne traite que des sujets qui sont dans le programme scolaire du secondaire. Ça limite !
Parfois, je fais quelques hors-séries car ça m’amuse.
Comment réussissez-vous à parler de sujets délicats comme le conflit israélo-palestinien ?
Eh bien, je fais de l’histoire ! J’essaye de garantir la plus grande neutralité historique. J’applique tout ce qu’on m’a appris en fac d’histoire dans la présentation des faits en essayant d’être le plus factuel possible et en présentant l’ensemble de la situation.
Sur ces épisodes plus sensibles, j’ai des retours très positifs. Les gens me remercient en disant qu’ils ont un point de vue neutre qui permet d’y voir plus clair.
Quelques-uns me disent que c’est engagé pour un camp. D’autres me disent que c’est engagé pour l’autre camp. Donc je me dis que ça doit être neutre.

Avez-vous des retours sur votre podcast ?
Quand on fait des vidéos YouTube, on a des retours quasi-immédiats par les commentaires ou les likes. Les podcasts sont un peu ingrats à ce niveau. Ce n’est pas simple de laisser son avis. Depuis quelque temps, la situation évolue. Par exemple, depuis peu, Spotify permet de laisser des commentaires sur les épisodes.
Dans l’ensemble, ce sont des retours plutôt positifs. Les auditeurs me disent que ça leur permet de comprendre des sujets complexes. Ça me motive plus que de simples statistiques : c’est vraiment un carburant fondamental.
Avez-vous des conseils à donner pour améliorer la qualité des podcasts ?
Le premier conseil que je pourrais donner, c’est de faire le podcast qu’on aimerait écouter. Le plus important, c’est de se mettre dans la peau de l’auditeur.
Je pense aussi qu’il faut bien préparer ses épisodes. Si on arrive en ouvrant le micro et en parlant tout seul pendant une heure, ça risque de ne pas être forcément transcendant.
Surtout, il faut s’amuser, s’éclater. Le podcast c’est quand même chouette à faire.
Consommez-vous du contenu historique sur les réseaux sociaux ?
Je m’intéresse beaucoup au YouTube histoire. Je travaille notamment avec Benjamin Brillaud de Nota Bene.
Je regarde aussi beaucoup Yann Bouvier (Yanntoutcourt).
Je regarde ce qu’ils publient, les commentaires qu’ils ont et leurs ressentis. Par exemple, pour Benjamin, c’est dur, car il subit pas mal d’harcèlement par l’extrême droite sur ses vidéos.
Comment ne pas tomber dans la fake news historique sur les réseaux sociaux ?
Par définition, en histoire, c’est toujours « plus compliqué que ça ». Du moment où on voit une vidéo qui prétend apporter la vérité de façon simple sur un sujet, il faut se méfier.
Ensuite, il faut regarder si la personne s’appuie sur des sources, des auteurs ou encore des livres.
Il faut aussi faire attention au sensationnel. Les historiens ne cherchent pas à faire du sensationnel.
Si on a un doute, il ne faut surtout pas hésiter à effectuer des recherches sur internet sur l’intitulé de la vidéo pour voir ce qui est dit à ce sujet.
Amélie Boniface