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Salle comble et comblée pour le film « Personne n’y comprend rien » au Méliès

Alors que Lille a perdu ses derniers cinémas indépendants, absorbés par le géant UGC, le Méliès de Villeneuve d’Ascq s’impose comme un ultime refuge pour la liberté culturelle. C’est grâce à cette indépendance qu’une foule entière a pu applaudir la fin du film réalisé par Yannick Kergoat et coproduit par le journal indépendant Mediapart « Personne n’y comprend rien », ce mercredi 22 janvier. Un échange s’est ensuite tenu entre Michaël Hajdenberg, journaliste au pôle enquête chez Mediapart et co-auteur du film, et les spectateurs.

 

Alors que le procès relatif au financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 est ouvert depuis le 6 janvier, Médiapart nous replonge dans les coulisses de cette affaire d’Etat. Ce documentaire de 1 h 43 n’a d’autre ambition que de nous offrir une vision claire des possibles manigances entre le « clan Sarko » et le « clan Kadhafi » entre 2004 et 2012, loin du récit officiel offert au grand public. Dignes d’un scénario hollywoodien, les révélations de Mediapart mettent en lumière des transferts de plusieurs millions d’euros, des coupures de billets gardées dans des armoires et dans des comptes bancaires aux Bahamas. Surtout, elles exposent un système entier potentiellement mis en place par Nicolas Sarkozy, déjà condamné dans les affaires Bismuth et Bygmalion, et ses intermédiaires.

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Le Méliès, cinéma de Villeneuve d'Ascq

Des échanges entre le public et les journalistes

 

Ce documentaire est simple et accessible à tous. Il contredit désormais Sarkozy qui affirmait, d’un air outré et offusqué sur les plateaux TV, que de toute façon, dans cette affaire « personne n’y comprend rien… ». Le décalage entre les preuves de corruption et les réactions surjouées et indignées des principaux accusés de l’affaire donne au documentaire un aspect aussi hilarant qu’affligeant. Alors que Sarkozy nie avec aplomb les faits qui lui sont reprochés, une dame âgée, dans le fond de la salle s’exclame : « Qu’on lui donne un César ! » : rire général. « Il appartient aujourd’hui à la justice de dire le fin mot de ce qui s’apparente à un scandale d’Etat. Nous ne sommes pas juges, Nicolas Sarkozy dispose actuellement de la présomption d’innocence. » Rappelle le journaliste Michaël Hajdenberg.

« Si c’était une série, on dirait que le scénario est invraisemblable », avait déclaré déjà Nicolas Sarkozy. Pourtant, la justice a renvoyé l’ancien président, trois de ses anciens ministres et neuf autres prévenus devant le tribunal. À la barre de la chambre correctionnelle du tribunal de Paris, l’ancien président de la République risque pour cette affaire jusqu’à dix ans de prison, puisqu’il comparaît sous les chefs d’accusation de « recel de détournement de fonds publics », « corruption passive », « financement illégal de campagne électorale » et « association de malfaiteurs. »

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Avant-première de "Personne n'y comprend rien"

Anatole Géli

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