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Séverine Keck :
"Wonder Woman sauve l’humanité, et moi, je sauvais ma vie."

En janvier 2021, Séverine Keck apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein. 2 ans plus tard, alors qu’elle se pensait tiré d’affaire, on lui trouve des métastasessur sept de ses vertèbres. Elle décide alors de créer une association, « Il était une fois les rooses » pour soutenir, écouter et faire écouter des femmes touchées par le cancer.

Pourquoi avoir créé l’association « Il était une fois les rooses » ? 

J’ai eu l’idée à l’annonce de mon cancer métastatique, le 12 janvier 2023. J’ai dit : « Je vais créer une association pour qu’on nous écoute, pour aider ces femmes. » Je n’étais pas soutenue, j’étais toute seule. Je venais de découvrir que j’avais un cancer incurable, et n’avais personne à qui parler, il n’existait aucune association. C’est pour ça que j’ai crée « Il était une fois les roses ». C’est un gros gros mal pour un méga bien parce que sans la récidive, je ne l’aurai jamais créé.

 

Quels sont les objectifs de l’association ?

Notre objectif principal est d’accompagner physiquement et psychologiquement les femmes victimes de cancer. On les accompagne aux chimio, on fait des sorties, on organise des discussions pour discuter de la maladie sans tabou. On évite qu’elles restent seules à broyer du noir. Celles qui commencent leur traitement reçoivent un packaging pour bien le démarrer (turban, crayon à sourcil, livre…)

On travaille avec des professionnels : mon oncologue, mais aussi des ostéopathes, des diététiciens, des kinés, des sophrologues, des acupuncteurs, tout ce dont nous avons besoin ! Et on leur trouve des rendez-vous très rapidement. Elles sont très contentes de ça !

Vous apprenez votre maladie au début de l’année 2021, comment s’est passé le diagnostic ? 

C’était long ! 

Quand j’ai senti la masse dans mon sein en octobre 2020, c’était la deuxième vague de COVID. Je suis d’abord allée voir une gynécologue, qui a cru que c’était un kyste. Puis mon médecin généraliste m’a prescrit une mammographie. Quand ils ont vu que je n’avais que 32 ans, ils ont dit que j’étais trop jeune pour faire une mammographie, j’ai envoyé un courrier disant que je devais faire cette mammographie au plus vite. C’était un souk ! J’ai eu un rendez-vous entre Noël et jour de l’an. Là, tout s’est enchaîné. Ils n’ont rien vu à la mammographie, donc ils m’ont fait une biopsie. Une semaine après, j’ai appris que j’avais un cancer du sein.

Comment s’est passée l’annonce ? 

Ils ne m’ont pas dit que j’avais un cancer. C’est moi qui ai dit : « J’ai un cancer du sein ou quoi ? ». Les autres femmes que j’ai rencontrées me disent pareil : on ne nous dit pas qu’on a un cancer, on nous dit « malin », « carcinome » et « tumeur ».

 

Que s’est-il passé ensuite ?

Dès qu’il y a l’annonce de la maladie, ça va beaucoup plus vite ! J’ai d’abord rencontré un oncologue et fait 6 mois, puis 1 mois de rayon. Ensuite, j’ai eu des opérations pour me retirer des ganglions et mon sein, et pour le reconstruire. En août 2022, j’ai fait mon contrôle des 6 mois, où tout était parfait et on m’a dit : « C’est bon vous êtes guérie ! » Mais on est jamais guéri d’un cancer, on est soigné, il peut toujours revenir. C’est pour ça qu’on est contrôlé tous les 6 mois. 

 

Vous n’étiez en effet pas guérie, puisqu’on vous découvre une récidive osseuse. Le diagnostic a-t-il été plus rapide cette fois-ci ?

Non, il a été très long parce que personne ne m’a écoutée, on m’a même ri au nez. D’octobre à décembre 2022, j’avais des douleurs au dos. Je suis allée voir ma généraliste, elle m'a prescrit des anti-douleurs, et une échographie mais malheureusement on ne voit pas les os avec une écho ! Elle m'a répondu : « Ce sont des douleurs d'après cancer, c'est sûrement psychologique ! Il va falloir reprendre une activité professionnelle pour oublier ! »

Mon chirurgien n’a pas non plus pris au sérieux cette douleur. Le seul qui m’a écouté, c’est mon oncologue (aujourd’hui parrain de l’association) qui m’a dit « la prise de sang n’est pas bonne ». Le 12 janvier 2023, je fais un scanner et je vois plein de trucs qui brillent sur sept de mes vertèbres. C’était des métastases. Le cancer est revenu mais ne se guérit pas, il se stabilise grâce à un cachet chimio journalier. Il endort ces métastases, mais n'empêche pas leur propagation. 

 

Lors de vos séances de chimio, vous y veniez costumée en « Wonder Woman », pour quelles raison ?

Ça m’a beaucoup aidé psychologiquement ! Après ma première séance, j’étais pas bien et j’ai dit à mon mari :

« Je vais mourir ici ». J’ai trouvé la force en y allant en Wonder Woman. C’est une effigie, c’est mon symbole. Elle représente une femme forte. Elle sauve l’humanité, et moi je sauvais ma vie. Je devenais l’héroïne de ma vie. Aujourd’hui, grâce à l’association, je sauve d’autres femmes d’une certaine manière.

Pourquoi avoir créé l’association « Il était une fois les rooses » ? 

J’ai eu l’idée à l’annonce de mon cancer métastatique, le 12 janvier 2023. J’ai dit : « Je vais créer une association pour qu’on nous écoute. Pour pouvoir aider ces femmes. » Parce que j’étais toute seule. Je venais de découvrir que j’avais un cancer incurable et n’avais personne à qui parler, il n’existait aucune association. C’est un gros gros mal pour un méga bien parce que sans la récidive, je ne l’aurai jamais créé.

 

Quels sont les objectifs de l’association ?

Notre objectif principal est d’accompagner physiquement et psychologiquement les femmes victimes de cancer. On les accompagne aux chimio, on fait des sorties au cinéma, au musée... On organise des discussions pour pouvoir discuter de la maladie sans tabou. On évite qu’elles restent seules à broyer du noir. Celles qui commencent leur traitement reçoivent un packaging pour bien le démarrer(Turban, crayon à sourcil, livre…)

On réussit à leur trouver des rendez-vous très rapidement, cardiologue, ophtalmo, dentiste… Nos membres sont très contentes sur ça !

On travaille avec des professionnels : mon oncologue, mais aussi des ostéopathes, des diététiciens, des kinés, des sophrologues, des acupuncteurs, tout ce dont nous avons besoin !

 

Vous vous êtes lancée le défi de préparer le 5km des Foulées du Parc, à Narbonne, organisé par l’ACNM le 20 octobre, pour quelles raisons ? 

Le sport est très important, parce que pendant les traitements, on a besoin de se défouler en faisant du vélo, en marchant etc. Mais aussi pour évacuer plus rapidement les effets des traitements et empêche à 75% la récidive. C’est aussi un moyen de se dire que même avec la maladie, on est capable de beaucoup de chose. On est peut-être malade, mais on est comme les autres ! 

 

Pour finir, comment le cancer a changé votre vie ?

Le cancer a donné un nouveau sens à ma vie. 

J’ai changé mon mode de vie : je ne bois plus une goutte d’alcool, j’ai adapté mon alimentation. 

J’ai changé ma vision de la vie. Je me rend compte que chaque jour mérite d’être vécu pleinement. Je profite de chaque moment avec mes proches. J’ai comme une urgence de vivre. Si jamais on m’apprends que la maladie s’est propagée, et qu’il ne me reste plus longtemps à vivre, je sais que je n’aurai aucun regret, puisque j’aurai tout fait.

Zoé Romero

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