
Lois et Éloïse, étudiantes en
Sciences pour la Santé
« Tout le monde a un grand-père ou une grand-mère à qui on ne parle pas parce qu’on a pas le temps »
Selon le troisième Baromètre « Solitude et isolement » des Petits Frères des Pauvres dévoilé ce 30 septembre 2025, 750 000 personnes de plus de 60 ans sont désormais en situation de « mort sociale », privées de tout contact avec les cercles familiaux, amicaux ou de voisinage. Pour lutter contre ce phénomène, 8 étudiants tentent de renverser la balance.
Pouvez-vous nous décrire votre projet ?
«On a pour but d’organiser un bal dansant dans une résidence sénior. Ce projet a été précédé de plusieurs activités, manuelles notamment, pour préparer le bal avec la création des décors et des cours de danse. En première année de licence Sciences pour la Santé, on doit mener un projet philanthropique, trouver un problème et une solution pour le résoudre. Nous avons choisi de nous engager contre l’isolement des personnes âgées et d'améliorer leur mobilité. La solution ? C’est parler avec eux, pour les faire sortir de leur chambre ou de leurs habitudes. Pour la mobilité c’est les cours de danse et le bal en lui-même qui peuvent les aider. »
Pourquoi se diriger vers des personnes âgées pour votre projet ?
« Je pense qu’on est tous un peu touché par ce sujet, tout le monde a un grand-père ou une grand-mère à qui on ne parle pas parce qu’on a pas le temps ou qu’on pense que ses problèmes ça nous concerne pas, mais je pense que, quand on sera vieux, on sera content que nos petits-enfants viennent nous voir. C’est dommage qu’en résidence les gens ne viennent pas leur rendre visite. Les personnes âgées ont été super contentes de ce projet, un petit groupe nous soutient à fond et motive les autres résidents à venir. Ils ne voient pas beaucoup de jeunes donc ça leur fait plaisir. On veut rendre ce projet intergénérationnel et également essayer d’inclure des étudiants qui vivent dans la même résidence.»
Pourquoi organiser un bal spécifiquement ?
« On a eu cette idée dès le début car c’est un bon moyen de les stimuler et de recréer du lien social. On a ensuite dû trouver l’endroit, envoyer des mails et passer des appels à une quinzaine de résidences, et quasiment toutes nous ont répondu positivement. On a pris celle-ci puisqu’elle accueille le plus de résidents. Il nous faut des résultats chiffrés pour le projet. Pour le financer, avec l’aide de la fac, on a eu l’occasion d’organiser des ventes de gâteaux ainsi qu’une tombola, les sponsors sont plus compliqués à trouver. On a dû acheter l’ensemble du matériel. On doit payer pour tout, sauf la salle qui est prêtée par la résidence et on doit aussi payer la prof de danse qui va venir. On avait également prévu un traiteur, mais il y a déjà un chef dans la résidence, donc on va travailler avec lui en le rémunérant aussi. »
Combien de personnes sont mobilisés dans ce projet ?
« Le nombre est assez variable. La première fois, on a eu peu de gens, c’était juste après les vacances de décembre, puis le double au deuxième cours. Maintenant, on doit avoir autour de 18 résidents. La plus âgée a 97 ans et elle vient à tous les cours de gym, les ateliers manuels, elle est investie mais on sent que c’est plus compliqué. »
Avez-vous une date finale pour le projet ?
« Fin mars tout doit être bloqué. Le bal est le 12 mars mais après on va avoir une séance de visionnage sous forme de court-métrage où on regardera les vidéos sur le bal, les ateliers et les entraînements avec les résidents. On a invité les familles aussi, mais ça c’est pour nous. Sinon on a des échéances avec des évaluations de suivi, on doit expliquer le projet, les difficultés qu’on a rencontré, c’est hyper-suivi et tout ce qu’on fait doit être validé par l’équipe pédagogique. »
Emilien Ponsolle et Léonie Salon
